III. Contributions et prises de parole des Eglises sur les débats européens

60ème Anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe
KEK, 10 avril 2005
« (…) nous devons insister sur le fait que les institutions ne réaliseront les objectifs qu'elles se sont fixés que si elles s'engagent réellement à mettre en œuvre les idéaux ayant présidé à leur création et que, à la lumière de ces idéaux, les peuples d'Europe demandent des comptes à la fois à leur gouvernement et à leurs institutions.
L'Europe a besoin d'un mouvement en faveur de la paix, de la dignité humaine, de la solidarité et de la justice »

A. L’ identité de l’Europe et ses valeurs  

Les fondements culturels de l'Europe : le judaïsme – et le christianisme qui le prolonge -, la raison grec, le droit romain …

Le Débat dans Réforme en mars 2003 : Constitution européenne. L'Europe en quête de son identité - Les propositions des Eglises.
« L’allusion à une référence religieuse dans le texte du préambule de la Constitution de l’Europe ravive les réflexes d’un laïcisme exacerbé dont les Français ont le secret. L’ignorance volontaire du fait religieux peut mener à l’occultation d’une mémoire pourtant nécessaire à toute projection dans le futur. » 

Pour une Europe spirituelle : « Chacun peut, au nom de ses convictions laïques ou religieuses, vouloir contribuer à une Europe qui ait un sens, (…), dans et pour une culture des différences, y compris religieuses, vécues comme un enrichissement mutuel. C'est peut-être dans ce sens que l'on peut parler d'une Europe spirituelle, à condition d'accepter qu'« aucune époque, aucun pays et à plus forte raison aucun groupe ni aucun individu ne peut se dire dépositaire de l'esprit européen. Seul compte l'élan de liberté qui, en s'émancipant de la contrainte des habitudes, renouvelle la donne et ouvre le chemin de la renaissance. Née d'un geste de rupture, la culture européenne n'appartient qu'à ceux qui osent la réinventer. »

Le protestantisme et l'Europe : une contribution du professeur Rudolf von Thadden :
« La querelle sur le port du voile islamique a relancé l'intérêt pour « le fait religieux» en Europe, l'usage inflationniste du terme « religion» dans des domaines où il n’a rien à faire entretenant la confusion. Aussi l'auteur considère-t-il que le protestantisme, fort de son histoire, contribuerait utilement à la discussion en proposant des concepts plus pertinents, et en adoptant, dans le débat sur la laïcité, une position originale qui n'abandonne pas le terrain aux catholiques et aux athées. Enfin il plaide pour un protestantisme accordé au monde moderne, qui fasse pénétrer dans la pensée chrétienne une conception positive de la sécularisation. »

Et Dieu dans tout ça ? Dieu dans le préambule de la Constitution Européenne … retour sur d’âpres débats, par le théologien Jean-François Zorn :
(…) l'inscription de cette référence comme un héritage (…) relève de la mémoire historique à condition que cette mémoire reste vive c'est-à-dire qu'elle soit susceptible d'inspirer le présent. Mais comment ? Mise entre les mains des politiques, cette référence peut devenir une arme de guerre et cela ne serait pas tolérable. (…). Serait-ce alors aux Églises de rappeler, le moment venu, aux États l'aspect religieux de leur identité ? Mais pourquoi faire : justifier une politique ? On voit bien toute l'ambiguïté de la procédure. Restent deux pistes ouvertes par Mgr Homeyer : celle du rappel du droit de croire de tous les citoyens européens (…) et celle du rappel des limites et de la non absoluité du pouvoir d'État. (…).

A lire aussi :

L'Europe, ça vous concerne !
A l'occasion des élections de mai 2014, la Conférence des Eglises européennes invite à un débat public sur l’avenir de l’Europe.

• La Fédération protestante de France préférerait la mention explicite des religions dans le projet de "Préambule" de la Convention européenne, 15 juin 2003  

La Fédération Protestante de France s'est étonné du retrait de la mention "héritage religieux", octobre 2000 

A la recherche d'une vie bonne, par le pasteur Christian Kempf : (…) les valeurs, à en croire le philosophe moderne Paul Ricoeur, on n'en parle pas dans la vie courante : elles ont le statut d'« oublié », elles sont perceptibles dans l’après, et au plus tôt au moment même où elles agissent en nous, dans nos pensées, nos paroles et nos actes. Dans nos décisions. Ces valeurs, assez fortes pour être du côté du « bon » et du « juste », ont trait à ce que Ricoeur appelle la visée éthique, « visée de la vie bonne avec et pour les autres dans des institutions justes »

B. Le référendum sur le Traité Constitutionnel  

Le 13 avril 2006 le journal Réforme titrait « Les protestants français, champions de l’idée européenne » , suite au sondage CSA – La Croix – Réforme sur les protestants français ; Et le sociologue Jean-Paul Willaime de commenter : « Si la France était protestante, le « oui » l’aurait emporté au référendum sur le projet de Constitution de l’Union européenne : 54 % des proches du protestantisme ont voté « oui » le 29 mai 2005 »…

… alors que les Eglises s’étaient prononcées clairement pour le « OUI » au traité constitutionnel :

Traité constitutionnel européen : un appel à la participation des citoyens, KEK, 10 juin 2005  

Au lendemain du référendum sur le traité constitutionnel pour l'Europe, message du pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, FPF, 30 mai 2005  

• Entretien avec Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, au lendemain du rejet du Traité constitutionnel (La Croix du 30 mai 2005) : « Plaidons pour une Europe ouverte ». 

• Les Eglises en faveur de la Constitution Européenne, 26 mai 2005  

La Constitution européenne d’un point de vue protestant, Communion d’Eglises protestantes en Europe, mai 2005 :
« D’un point de vue protestant le Traité de la Constitution – malgré quelques points de critique – représente une base considérablement améliorée pour la cohabitation des personnes et des Etats en Europe. C’est pourquoi nous sommes en faveur de la ratification du Traité établissant une Constitution européenne. »  

Le défi de l’Europe : la paix, la justice et le bien-être pour tous, Déclaration du Conseil d’ Eglises Chrétiennes en France, 29 mars 2005 

• Par le pasteur Guy Bottinelli, de la Mission populaire évangélique de France : 

- 1998 : Prédication pour l'Europe : au départ il y a la peur…  

- 1991 : L'Europe sociale à faire : « On est donc amené à penser le social comme une réalité autonome, qui établit un certain rapport de force avec l'économique, pour dé­fendre d'autres valeurs telles que la convivialité, la solidarité, le refus des exclusions, de telle sorte qu'il influence à son tour l'économie. Il faut donc en quelque sorte, inverser la courroie de transmission à un moment donné, pour que le social entraîne à son tour une nouvelle économie. C'est à cette interaction qu'il faut être attentif. »  

• Europe : Le texte le plus avancé dans le monde moderne par Catherine Lalumière 

C. Immigrations en Europe  

La Commission des Eglises auprès des Migrants en Europe - CCME travaille sur les questions de migrations et d’accueil de l’Etranger.

Lecture chaudement recommandée du dossier de UNITE DES CHRETIENS, n° 143, Juillet 2006 : Les migrations en Europe : un défi pour les Eglises

D. La Turquie frappe aux portes de l’Europe  

Suite aux meurtres de chrétiens, les Eglises européennes demandent au gouvernement français d’être ferme avec la Turquie :
Au nom de la Conférence des Eglises européennes qu’il préside jusqu’ en 2009, le pasteur Jean-Arnold de Clermont a écrit, le 27 avril, au Président de la République Jacques Chirac pour demander « que le gouvernement français exprime, avec la plus grande fermeté, au gouvernement turc sa condamnation de tels actes et qu’il lui demande d’adopter une attitude nouvelle envers les minorités religieuses qui, jusqu’à ce jour, ne bénéficient pas d’un statut juridique assurant leur liberté ». 
Le Présidium de la Conférence des Eglises européennes (KEK), réuni à Cartigny, près de Genève, du 23 au 25 avril dernier, avait condamné le meurtre récent de trois chrétiens à Malatya (Turquie), et exhorté le gouvernement turc à « adopter une nouvelle attitude envers les minorités religieuses » et a demandé aux musulmans, aux chrétiens et à tous les croyants d'Europe de « rejeter l'exploitation de la religion à des fins politiques et de bâtir ensemble des ponts de paix et de dialogue entre tous les peuples et cultures ».

Relations entre l’Union européenne et la Turquie : Déclaration de la Conférence des Eglises Européennes en octobre 2004 : « La question des relations entre l’Union européenne et la Turquie est d’une importance capitale pour l’Union. (…) Après avoir mené une large consultation au sein des Eglises membres de la KEK, nous déclarons que, pour les Eglises européennes, la question des différences religieuses ne constitue pas un obstacle (…) à l’éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union. (…) n’est pas une question de différences religieuses. (…) l’entrée de la Turquie dans l’Union (…) pourrait constituer la pierre d’angle d’un pont entre les mondes chrétien et musulman. »

La Réponse du Président de la Fédération protestante de France au directeur de la Commission Eglise et Société de la KEK à propos de la Turquie, 22 juin 2004 : « Nous voulons souligner la nécessaire réconciliation des mémoires sans laquelle l’adhésion de la Turquie serait plus dangereuse pour l’unité européenne que profitable. (…) la reconnaissance du génocide arménien nous semble un préalable évident.
Comme Eglises nous devons nous faire l’écho des demandes des minorités religieuses qui continuent de voir nier leurs droits. (…) la liberté religieuse doit être pleinement garanti, avant toute possible négociation sur l’adhésion de la Turquie.

E. L’élargissement de l’Europe  

L’élargissement de l’Union européenne est salué par les Eglises, 3 mai 2004 : « Des représentant-e-s de différentes Eglises de toute l'Europe ont adopté une "Déclaration à l'occasion de l'élargissement de l'UE", le 1er mai 2004, exprimant leur "joie et gratitude envers Dieu pour la réalisation de l'élargissement de l'Union européenne (UE) à 10 nouveaux pays". »

Déclaration à l'occasion de l'élargissement de l'UE, Commission Eglise et Société, 1er mai 2004 : « La création de l'Union élargie, même si elle représente un moment important de l'histoire de l'Europe moderne, doit être considérée comme s'inscrivant dans un processus inachevé. Les préoccupations et responsabilités de l'UE doivent dépasser son propre cadre politique afin d'établir de bonnes relations avec les pays situés hors de ses frontières. L'objectif global doit être l'amélioration de la vie de tous, sur l'ensemble de notre continent et au-delà. »

F. L’Europe et la mondialisation  

Les Eglises d’Europe vivent leur foi dans la mondialisation, Commission Eglise et Société de la Conférence des Eglises européennes : positions et analyses en vue de l’Assemblée du Conseil Œcuménique de Eglises à Porto Alegre et au-delà.

Lire aussi : L'Europe, la mondialisation et les chrétiens : nous et les autres !!! Par Gabriel Nissim

G. Le dossier de la Fédération protestante de France  

Contribution aux débats sur l'avenir de l'Europe : Dossier réalisé par la Commission Eglise et Société, de la Fédération protestante de France, au début de l’année 2003 à l’attention des Eglises et des associations membres de la FPF :

« N'oublions jamais que l'Europe unie est une aventure totalement contre nature,
elle ne va pas de soi, elle n'est pas un mouvement irréversible.
Ceci doit être présent dans nos esprits, en toutes occasions.
»
François Scheer, président de la commission Eglise et Société de la FPF

H. Débat sur la démocratie européenne  

L'Union européenne nous concerne tous : appel à voter aux élections européennes, 24 mai, Conseil d'Eglises Chrétiennes en France, 24 mai 2004
« Il y aurait quelque inconséquence à dénoncer le manque de démocratie et la technocratie des institutions européennes, et à s'abstenir de participer à cette consultation électorale. »

En 1999, la Fédération protestante de France réfléchissait à la légitimité des institutions européennes : (…) Faire le pari que les institutions européennes, détentrices de la souveraineté, acquerront alors une nécessaire légitimité démocratique.